AU FIL DES MOTS à Chavagnes-en-Paillers

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Une course atypique (juin 2010)

-Une course atypique

 

Le seize mai dernier, les neuf trimarans de la course  « Vendée-Saint-Pétersbourg » ont quitté le ponton de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, sous les vivats d’une foule en liesse. À bord de leurs multicoques, stars de cette nouvelle épreuve, les skippers vont, par équipe de trois, sillonner des mers jusque-là peu prisées par les navigateurs attirés surtout par les courses au grand large.

Sur un parcours de six mille huit cent vingt-quatre kilomètres, ils n’auront à affronter ni les tempêtes du Pacifique, ni les coups fourrés de l’Indien. C’est donc une odyssée tout autre que la classique course hauturière en solitaire du « Vendée-Globe » qui tient en haleine la France entière, tous les quatre ans, de novembre à mars.

Ce n’est pas pour autant que naviguer dans la Manche, la mer du nord et la Baltique soit une aventure anodine. Avant le départ, l’un de ces baroudeurs des mers nous a confié :  « Ces mers, a priori peu dangereuses, sont très fréquentées par des navires marchands de tout tonnage et constituent un parcours périlleux où , contrairement au courses au grand large, les risques de collision sont considérables. De plus, il va falloir déployer tout notre savoir-faire pour louvoyer entre les nombreuses îles et îlots, pour négocier habilement le passage de quelques détroits avant d’arriver dans le golfe de Finlande et d’accoster, par le delta de la Neva, dans la magnifique ville des tsars. » 

Toute impéritie peut donc être fatale aux embarcations, voire aux navigateurs. Mais rassurons-nous ! Les skippers engagés dans cette aventure – des Bretons de surcroît – ne sont pas des novices. Tous ont déjà à leur palmarès des places honorifiques obtenues lors de courses aussi notoires que la « Transat Jacques Vabre », « la Route du rhum » ou le « Trophée Jules- Verne ».

 

Pendant une semaine, Saint-Pétersbourg, ville natale de Sophie Rostopchine, Sacha Guitry et Léon Zitrone, sera leur port d’attache. Dans cette splendide cité, fondée sur une centaine d’îles, il y a quelque trois cents ans, par Pierre le Grand, leur temps sera inévitablement compté pour profiter des innombrables merveilles de cette ancienne capitale russe. Pour peu qu’à l’arrivée l’embarcation requière quelques réparations, on peut craindre que le dernier skipper n’ait juste le temps de siffler quelques verres de vodka ou de kwas (kvas) avant de prendre le retour.

 

Quoi que leur réservent les nombreux miles à parcourir, souhaitons-leur bon vent, belle mer, un agréable séjour dans la ville aux « nuits blanches », et espérons qu’ils n’oublieront pas de rapporter dans leurs bagages, en sus du caviar et de la vodka, quelques ravissantes matriochkas pour leurs enfants et petits enfants.



31/08/2016
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