AU FIL DES MOTS à Chavagnes-en-Paillers

AU FIL DES MOTS à Chavagnes-en-Paillers

Janvier 2018

 Mardi 9 janvier 2018



La constance de l'escargot

 

Il était une fois un petit-gris qui vivait, ataraxique, dans un jardin extravagant, foufou, foutraque. Des capucines rouge vif partaient à l'assaut de haies d'ifs en zigzag. Des bosquets de troènes, ne voyant jamais le taille-haie, se mêlaient à des épines-vinettes, côtoyant des lauriers-tins, des lauriers- sauce, des arbres à fruits à noyau, à fruits à pépins ? voire sans fruits du tout. Selon les saisons, s'égaillaient deçà delà parmi les légumes d'un vaste potager, des fuchsias, des dahlias, des anthémis, des zinnias et des fleurs non identifiables pour l'œil du béotien, quoiqu'elles eussent été vraisemblablement classifiées, en son temps, par Linné. Ici, pas de marcottage, pas de buttage !

 

Hélas, une jeune vénus, nommée Mélancolie, se mit à hanter ces lieux par intermittence, et notre cagouille, qui avait quitté depuis son alter ego, s'étant tapie sous un massif de santoline, épia alors, fascinée, mais sans espoir, la belle aux cheveux blond doré et aux yeux pers. On peut comprendre son inclination...

 

Notre gastéropode, coi, chamboulé, en perdit l'appétit. Pourtant, au potager, il adorait la feuille de chêne. (mais l'ancolie voisine, cependant, avait sa préférence...)

 

par le besoin de se changer les idées, il entreprit l'escalade du puits sis au fin fond du jardin. Ô rage, ô désespoir ! Il y chut... Cet abysse obscur, d'une profondeur de seize mètres, était asséché. Sonné, couvert d'ecchymoses, coquille ébréchée, mais combattif (combatif), l' hélix décida de sortir de cette geôle inattendue .

 

Alors, combien de jours, calculés en heures, minutes, secondes, s'étaient succédé avant qu'il revît le soleil coruscant, sachant qu'il grimpait de quatre mètres le jour et que nuitamment, il glissait de trois mètres, épuisé, et ? oserai-je le dire ?  ?  l'estomac dans les talons, cela perturbant considérablement son cycle nycthéméral ?

 

Je vous laisse vous dépatouiller avec ce problème aux arcanes subtils ( en tout cas pour moi ).

 

 

Christiane Ciscarès

 

Jeudi 18 janvier

 Texte n°1

 

Belles-mères, belles-filles

 

De par le monde, depuis des générations, les différends entre belles-mères et belles-filles ont fait couler de l'encre et de la salive...

Quittons notre Hexagone et rendons-nous au-delà des Alpes, dans la péninsule italienne où la principale source des conflits est, je vous le donne en mille... la PASTA .

Les Italiens, champions d'une tradition culinaire raffinée, se passionnent pour l'art et la manière de faire cuire spaghettis, cannellonis, farfalles, pennes et autres lasagnes .Les pâtes doivent être à la fois fermes et à point. Pas trop grasses et goûteuses. Abondantes, sans gâchis. Dans cette compétition essentielle à l'harmonie des repas, quelle est la référence indiscutable ? La pasta de la mamma, forcément. Celle qui, chaque jour de l'enfance, a représenté pour le petit garçon le comble du bien manger et la preuve matérielle de l'amour maternel. Comme le mâle italien fait rarement la cuisine, il est perdu sans sa mamma : la sienne ou , dans la seconde moitié de sa vie, celle de ses enfants, autrement dit, sa femme.

Comment voulez-vous, dans ces conditions, qu'une terrible rivalité ne fasse pas rage entre les deux « femmes de sa vie » ?

 

d'après Christiane Collange «  Nous, les belles-mères »

 

Texte n°2

Les mystères de la nuit

 

Dès que la nuit est tombée, et que les ténèbres se sont épaissies autour d'elles, certaines fleurs, telles que les crocus, les belles-de-jour et les nénuphars (nénufars), ont refermé en catimini leurs jolis pétales en attendant le matin. Quand le marchand de sable a déclenché les bâillements, le picotement des yeux et la somnolence si douce à chacun, les enfants se sont emparés d'une poupée ou d'un nounours, ils ont abandonné leurs soucis au pied du lit avec leurs pantoufles et se sont laissé doucement emporter dans les bras de Morphée.

C'est alors que commencent les bizarreries de la nuit : les cauchemars, les pleurs inexpliqués, le somnambulisme et les insomnies, sans oublier bien sûr les ronflements sonores perçus comme de délicieux ronrons ou d'insupportables cacophonies. La nuit, on a souvent des idées brillantes qu'on n'aurait pas eues pendant le jour. Aussi les insomnies, quand on ne les craint pas, peuvent-elles être des alliées : bon nombre d'œuvres d'art ou de découvertes scientifiques sont nées la nuit grâce à elles.

Si vous voulez à tout prix vous rendormir , pour vous reposer des efforts qu'aura nécessités cette dictée et effacer le peu d'anxiété qu'elle n'aura pas manqué d'ajouter à vos vicissitudes, faites donc comme les Papous : chatouillez-vous l'intérieur du nez avec du duvet pour éternuer. Il paraît (parait) que le sommeil arrive automatiquement au cinquième éternuement .

À vos souhaits et... bonne nuit !

 



10/01/2018
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