AU FIL DES MOTS à Chavagnes-en-Paillers

AU FIL DES MOTS à Chavagnes-en-Paillers

Février 2017

                                                                                                                                                                                                                                                         Mardi 21 février 2017

 

Là-haut, sur la montagne …

 

Qu’importe(nt) les railleries que peut susciter leur seule évocation,   nos montagnes finistériennes auraient culminé, voici trois cents millions d’années, à deux mille, voire à trois mille mètres et nous pouvons encore imaginer leur majesté d’antan ! Ici, sur ces crêtes schisteuses, érodées, plissées et courbées tels de vieux paysans accablés par tant d’années de labeur, nulle marmotte, nul bouquetin ! Mais à l’instar de ses consœurs des Alpes ou des Pyrénées, l’Arrée recèle ses  trésors.

Le pays de la pierre bleue foisonne de pesants bijoux : dolmens, menhirs, cairns et tout un cortège de statues vénérées qu’a sculptées la main de l’homme. La montagne a de tout temps incité à l’élévation de l’âme humaine en quête d’absolu. Saint Michel, gardien attitré de ces éminences sacrées, a, depuis belle lurette, détrôné le dieu Soleil. Néanmoins, tout au pied des monts, dans un marais sans fond souvent masqué par les floches de brume, voici la porte des enfers (Enfers). En doutez-vous ? On y entend encore, portés par ce vent de noroît (noroit) qui tord ajoncs et genêts, les roulements menaçants de la funeste carriole.

 

Terre de légendes, l’Arrée conserve les traces du passage de nombreux héros mythiques. Gargantua y a déposé en de chaotiques amas d’imposants blocs de granit (granite). La cruelle princesse d’Ys y a son gouffre au fond duquel disparaissaient ses infortunés amants. Un grave danger menace le pays ? Voilà que surgit au faîte  d’un Roc’h (roc’h ou roc) l’armée d’Arthur, le roi de la Table ronde, symbole d’une ténacité séculaire.  (Fin de la dictée pour les lycéens),

 

(Confirmés et champions seulement). Les futaies d’autrefois où la laie mignotait ses petits et où, harassée,  la louve rejoignait son liteau,  ont disparu.  Les tourbières, reliques glaciaires, ont accueilli les laîches  et les mousses. Et l’étrange droséra (drosera) guette, tapi au milieu des sphaignes, l’insecte imprudent.

Seuls quelques hameaux paisibles aux toits d’ardoise(s) bleue(s) ponctuent de nos jours la lande immense. On peut encore y voir, ici ou là, des témoins architecturaux de la riche activité toilière d’hier et ce moulin dont l’abée chante encore de sa plus belle eau.

 

 (Reprise pour les amateurs).Mais les traditions rurales, hier menacées, se sont laissé raviver : les nouvelles générations ont renoué avec la gavotte et les festoù-noz (festou-noz) sont désormais inscrits au patrimoine culturel immatériel de l’humanité. La harpiste irlandaise voisine avec la productrice de plantes aromatiques.  Les montagnards – paysans, artisans, artistes, babas cools (babas cool) -, affirment l’amour de cette terre rude et exquise dans une belle et indéfectible solidarité.

 

Texte rédigé par Henri LE GUEN, revu par Charly QUÉMÉNEUR et Philippe DESSOULIERS.

 

 

 

 

 

 

mardi 7 février 2017

 

 

 

Une dictée très classe

 

 

Chaque année revient le même cauchemar : à la Sainte-Ingrid me rattrape l’éphéméride ! Très cruelle en l’occurrence : dès six heures et demie, les réveille-matin ont tintinnabulé, leurs résonances aiguës se sont frayé tant bien que mal un chemin vers mes neurones ankylosés. Allez, il faut que je m’extraie du lit … « Va te laver, dépêche-toi ! » s’époumonent mes parents, dans la maison encore tout assoupie. Plus d’un serait irascible, je suis juste à cent mille lieues de ces vicissitudes : aussi zigzagué-je prudemment dans cet entrelacs de couloirs à peine distinguables. Après quelque deux mois de vacances, c’est bien la première fois que je me lève pataud. !

  

Dans la cuisine m’attend le petit-déj’ infatigablement préparé par mon père : jus d’orange glacé et gelée de coing(s) ; avant que je m’assoie, un nes passe devant moi, avec ses effluves corsés. Je bâfre quatre gaufres à la cassonade et une tranche de cramique cramé. J’hallucine : ma sœur squatte la salle de bain(s) en s’oignant consciencieusement de crèmes cannelle ou marronnasses. Après une douche express, j’enfile un jean(s) archiconfortable, un chouette sweat et, près de quitter mes pénates bien-aimés, j’emporte pour mon quatre-heures cette espèce de gros scone imposé par ma mère.

  

Quel hourvari au lycée ! Ne négligeant du regard aucunes retrouvailles des djeune(s) (djeun’s), je lorgne aussi mes chers pairs : la plupart se regroupent à l’envi, excellant dans de réels gymkhanas à rejoindre la sacro-sainte machine à café. Voici l’exigeant prof de math(s) avec son trois-quarts à demi fripé, fier des ses nœuds pap fuchsia bariolés de parallélépipèdes. Arrivent ensuite l’ombrageux prof d’histoire – le roi des capésiens au dire de certains, mais pas le Roi-Soleil ! ? et sa consœur de langues anciennes, qui, auguste malgré son nez rond toujours enflammé par un coryza, s’est enorgueillie de son label hellène parce qu’elle ne donne jamais au(x) minot(s) tort ; enfin, l’abstème prof d’italien, évidemment accro de Chianti ou de Rome et bonne pâte avec les nouilles !

 

J’aimerais que vous vous asseyiez en silence. Prenez une feuille ; dictée ! ai-je lancé aux élèves, qui se sont indignés en chœur.

 

 

Je me réveille enfin, émerge de mon coaltar, zieute (zyeute) mon smartphone (Smartphone) : 4 juillet. Quel rêve horrible ! Une dictée… Et puis quoi encore !

 

  

Julien Soulié, 2012- Lille 15 septembre

  

( Texte pour les cadets, juniors et adultes amateurs)

 

 

Commentaires de la dictée

 

- cauchemar : attention, pas de « d » final malgré les dérivés cauchemardesque cauchemarder !

- Sainte-Ingrid : lorsque saint sert à désigner une fête, une église, un lieu, il prend une majuscule et se soude au mot suivant par un trait d’union.

- éphéméride : ce nom est féminin

- réveille-matin : au pluriel ce nom demeure invariable.

- tintinnabuler : verbe littéraire signifiant "tinter comme un grelot"

- résonances : attention, on écrit résonner et malsonnant, mais résonance, dissoner, dissonant, assonant, assonance !

- aiguës : au féminin, les adjectifs ambigu, exigu, aigu contigu prennent un tréma sur le e (et non

sur le u )

- se sont frayé : pour accorder le participe passé d’un verbe accidentellement pronominal, il faut que le pronom réfléchi (se) soit COD. Elles ont frayé quoi ? Un chemin. Le COD est chemin. Le se n’est donc pas COD mais COI. Le participe reste invariable.

- Il faut que je m’extraie : Le verbe falloir impose le Subjonctif (terminaisons :e, es, e, ions, iez, ent pour tous les verbes sauf avoir et être.)

- tout assoupie : ici, tout est adverbe (= entièrement, complètement)et devant un adjectif féminin commençant par une voyelle, il reste invariable.

- lieues : attention à ne pas confondre lieu et lieue, ancienne mesure de distance d’environ 4km, que l’on retrouve dans le titre du roman de J.Verne Vingt mille lieues sous les mers.

- zigzagué-je : il s’agit ici du présent de l’indicatif, il était donc impossible d’y voir un imparfait ou un passé simple. L’inversion du sujet impose phonétiquement la présence du é qui se prononce néanmoins [ ?,] comme dans sais-je

- entrelacs : attention au s final, présent au singulier (comme dans entremets, remords, puits… ), même s’il ne se prononce pas.

- pataud : attention, petit piège de sens…un peu lourdaud ? Écrire pas tôt serait ici un contresens, eu égard à ce que raconte le narrateur !

- petit-déj’ : apocope familière de petit-déjeuner. Ne pas omettre l’apostrophe !

- infatigablement : pas de u après le g…contrairement à distinguables du 1er paragraphe.

- avant que je m’assoie : avant que se construit avec le subjonctif, donc assoie avec un e.

- un nes passe : attention, piège de sens ! Écrire un espace rendrait la phrase syntaxiquement incorrecte. De plus, d’un point de vue sémantique, le nes (apocope familière de nescafé) est repris par les « effluves corsés ». Effluves : nom masculin

- cramique : brioche bien connue des Nordistes, ce nom est masculin.

- s’oignant : participe présent du verbe s’oindre (s’enduire de crème). Écrire soignant était ici impossible sémantiquement.

- cannelle, marronnasses : les adjectifs de couleur issus de noms demeurent invariables ( orange, chocolat, caramel, ébène, framboise…), les autres s’accordent.

- près de quitter : attention à ne pas confondre près de (=sur le point de) et prêt à ( préparé pour, disposé à).

- cette espèce de gros scone : petit jeu de mots. (Vous pouvez en penser ce que vous voulez) ! Le scone est un petit pain mollet d’origine anglaise.

- hourvari : nom masculin, à l’origine terme de chasse, il désigne dans un langage soutenu, un tumulte, un vacarme.

- aucunes retrouvailles : aucun(e) est toujours au singulier…sauf devant un nom qui n’existe qu’au pluriel.

- la plupart : impose l’accord au pluriel.

- capésien : (prononcer capétien) C’est le professeur titulaire du concours d’enseignement du CAPES.

- abstème : qui s’abstient de boire de l’alcool.

- coaltar : attention à l’orthographe piégeuse de cet anglicisme désignant à l’origine un goudron (tar) obtenu par distillation de la houille (coal).

 - smartphone ? Smartphone : nom récemment arrivé dans nos dictionnaires et qui désigne un téléphone portable multimédia. Recommandation officielle : terminal de poche ou ordiphone.

 

Jeudi 9 février 217

 

 

dictée n°1

Saveurs timbrées

 

 

Pour promouvoir la gastronomie du pays, la poste espagnole a lancé une série de timbres au goût de jambon ou de gaspacho.

L'idée lui a été soufflée par le célèbre chef Ferran Adria, spécialiste de la cuisine moléculaire, inventeur entre autres du sorbet grillé au barbecue, des guimauves de parmesan et des pétales de rose en tempura.

Grâce aux timbres aromatisés qu'il a conçus, chacun retrouve sur ses papilles Ia saveur de la cuisine ibérique : jambon séché, gaspacho aux amandes ou même paella.

Trois cent mille vignettes ont été éditées à trois euros quinze l'unité.

À quand des timbres français parfumés au magret de canard, au camembert, à la choucroute, voire aux crêpes Suzette.

 

  

dictée n°2

 

L'histoire de la Saint-Valentin

 

 

Tout comme Noël, Pâques, L'Halloween, le Jour de l'An et autres fêtes de ce monde, la Saint-Valentin est une autre tentative de camouflage de coutumes et d'observances païennes et idolâtres par une « christianisation ».

  

Aussi innocente et inoffensive que la Saint-Valentin puisse paraî(i)tre, ses traditions et coutumes proviennent des deux festivals païens les plus pervertis de l'histoire ancienne : les Lupercales et la fête de Juno Fefruata. ( mots écrits au tableau )

La fête des Lupercales célébrée le 15 février était observée par les anciens Romains en l'honneur de Lupercus, le dieu de la fertilité et de l'agriculture, le protecteur des troupeaux et des récoltes et grand chasseur de loups. Les Romains croyaient que Lupercus proté(è)gerait Rome des meutes de loups qui dévoraient le bétail et les gens.

 

Assistés par les vierges vestales, les luperques (les prêtres mâles) observaient les rites de purification en sacrifiant des chèvres et un chien dans la caverne du Palatin, là où les Romains croyaient que Romulus et Remus avaient été abrités par la louve qui les avait nourris avant  qu'ils fondent Rome. Habillés de pagnes tachés de sang et faits avec la peau des chèvres sacrifiées, les luperques parcouraient Rome frappant les femmes avec des « februa », des courroies en cuir de chèvre(s). Les luperques croyaient que ces flagellations purifiaient les femmes et leur garantissaient la fertilité et l'aisance lors de l'accouchement. Le mot « février » dérive du mot « februa » et signifie « purification ».

 

Pour les Romains, « février » était aussi consacré à « Juno februata », la déesse de « febris » (fièvre de l'amour), des femmes et du mariage. Le 14 février, des billets ( petites pièces de papier sur lesquelles était écrit le nom d'une adolescente) étaient mis dans un récipient. Des adolescents choisissaient alors au hasard un billet. Le garçon et la jeune fille dont les noms avaient été choisis formaient alors un couple lors des jeux érotiques et des fêtes qui étaient célébrées partout dans Rome. Après la fête, ils demeuraient des partenaires sexuels pour le reste de l'année. Cette coutume a été observée dans l'empire romain pendant des siècles.

 

En 325 après J.C. , après que Constantin eut fait du christianisme la religion officielle de Rome, les dirigeants de l' Église voulurent se débarrasser des fêtes païennes, au grand dam des citoyens romains. Ce ne fut pas avant 496 que le pape Gélase put agir sur les Lupercales qui devinrent la Saint-Valentin, du nom d'un des saints de l'Église qui, en 270, fut exécuté par l'empereur à cause de ses croyances.

 

David C. Pack (Document pris sur Internet)

 

 



09/02/2017
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